Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Parcours éducatifs > Parcours Education Artistique et Culturelle > De visu - espace d’art actuel. > Exposition de Thibault Laget-Ro, "Traversée", encore visible jusqu’au 5 (...)

Exposition de Thibault Laget-Ro, "Traversée", encore visible jusqu’au 5 juillet au collège

Thibault Laget-Ro, artiste peintre, est né en 1976 à Tokyo. Il vit et travaille aujourd’hui à Paris.

Par ses coloris pastel et son traitement en aplats, la peinture de Thibault Laget-Ro semble parfaite, au premier coup d’œil, pour traduire l’insouciance et communiquer le merveilleux bonheur de notre société de consommation. Cet aspect lisse masque — pour le révéler autrement — un versant plus âpre de la réalité.

(…) La suavité des tons qu’il utilise, leur trompeuse gaieté, contrastent avec le sujet des scènes inspirées de grands reporters photographiques. Le traitement en aplats, qui bannit toute aspérité, vient accentuer encore ce décalage entre forme et fond, style et motif. On ne sait qui ment, du sujet ou de la couleur, et ce paradoxe fait jouer une note d’ironie.

La palette et la manière de Thibault Laget-Ro ne sont pas sans éveiller des échos du pop art et de la figuration narrative. Mais son choix procède avant tout d’une réflexion sur la couleur et d’une intention quant à la manière, graphique, synthétique, de rendre les figures, à l’écart du réalisme comme du symbolique.

Dans le même esprit, les portraits que présente Thibault Laget-Ro — des portraits de migrants — apparaissent quasiment sans visage. Ou tout du moins sans personnalité, sans identité véritables, l’expression étant réduite à quelques traits soulignés d’ombre, quelques taches de couleur, et à la posture de la silhouette générale. Comme grimé, ou masqué, le visage n’est ici qu’une idée de visage. « Je ne suis pas un peintre engagé, je suis dans le constat, je ne suis que le témoin de mon époque », dit Thibault Laget-Ro. Ce parti pris de neutralité n’est évidemment qu’un leurre, un masque. L’absence de traits, ou presque, sur les visages des personnages dissimule un chaos innommable : elle camoufle les tourments d’un monde intérieur autant qu’elle éclipse la violence du dehors. La surface voile la profondeur.

Jean-Pierre Chambon, dans "Périphériques n°87", janvier 2019.

Articles parus dans Ouest-France et Liberté-Le bonhomme libre :

info portfolio

Article Ouest-France Article Liberté

SPIP 3.1.0 | Squelette BeeSpip v.